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Premières missions de terrain: janvier et février 2005
La première mission s'est déroulée du 20 au 29 janvier 2005 dans la région de
Banda Aceh, dans le cadre d'une ITST (International Tsunami Survey Team).
Un compte rendu détaillé de la mission, avec des galeries de photos, figure sur le site de
l'USGS (http://walrus.wr.usgs.gov/ tsunami/sumatra05/index.html). La seconde mission a eu lieu du 2 au 10
février dans le cadre des missions héliportées de la Marine Française. Les
membres français de ces deux premières missions furent Raphaël Paris (Géolab
UMR6042 CNRS Clermont-Ferrand), Franck Lavigne (LGP UMR 8591 CNRS et Université Paris 1) et Patrick
Wassmer (LGP UMR 8591 CNRS et Université de Strasbourg).
Le but de ces missions était de collecter des données de terrain et des témoignages
de survivants un mois après le tsunami. En effet, de nombreux éléments du paysage
décasté portaient encore les traces de la catastrophe, fournissant ainsi des indices de hauteur
de vagues (principalement sur les arbres et les bâtiments) et de propagation sur les reliefs (runup).
Ainsi, les hauteurs de vagues étaient comprises entre 13 et 23 mètres sur la côte nord de
Banda Aceh (près d'Uleelheue), et entre 16 et 31 mètres sur la côte ouest (Baie de Lhok
Nga). Les valeurs de runup sont plus importantes, proches des 40 mètres à Labuhan. La
pénétration du tsunami dans les terres a atteint 4 km à Banda Aceh et 5 km de Lampuuk
(Lhok Nga) à Peukanbada (quartier ouest de Banda Aceh). 96 mesures de directions des vagues ont
été enregistrées (troncs inclinés, piliers de maisons, poteaux et pièces
de métal tordues). Outre les effets de réfraction à l'approche des reliefs côtiers,
le tsunami est venu du WSW sur la côte ouest (Lhok Nga) et du NW sur la côte nord-ouest (Uleelheue).
Les deux flux du tsunami se sont rencontrés à l'intérieur des terres, près de
Peukanbada (Lampisang).

Les images satellites (Spot, Quickbird, Ikonos) ont immédiatement mis en évidence une
spectaculaire érosion côtière. Les formes d'érosion constatées à
la côte (dunes détruites, ravines surcreusées, microfalaises etc.) attestent des
importantes conséquences géomorphologiques du tsunami. Des dépôts de toute
taille (épandages sableux, cordons de blocs) se sont accumulés durant l'arrivée et
le retrait des vagues. Sur la côte ouest de Banda Aceh, ces dépôts de tsunami
présentent des séquences de sable, dont l'épaisseur et la taille décroissent
en s'éloignant de la côte. Deux types de couches peuvent être distinguées : (1)
Des sables moyens à grossiers, riches en bioclastes (coquiles et fragments de corail); (2)
Des sables fins à moyens; présentant parfois une stratification interne, avec des figures
de lamination et des couches enrichies en matière organique. Des fragments de sol et de plantes
arrachés ont été observés dans les deux types de couches.
Des dizaines de témoignages de survivants ont été collectés, donnant ainsi
des informations précieuses sur le timing des évènements (arrivée des vagues,
nombre, orientation, taille, vitesse en plusieurs endroits). Après une analyse préliminaire,
ces témoignages sont en accord avec nos données de terrain.
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